Don Cavalli aux Internationales de la guitare : un parrain imparable !

Don Cavalli a donné un superbe concert dimanche au Jam dans le cadre des Internationales de la guitare.

La 18e édition du festival des Internationales de la guitare est entrée dimanche dans sa dernière semaine. Et ce, magistralement : le soulman français Don Cavalli a livré dans un Jam rempli et comblé une superbe leçon de groove.  

“Trop super et trop… court !” C’était à quelque chose près l’avis général au sortir du concert de Don Cavalli, hier soir au Jam, à Montpellier. En vérité, la prestation du crooner ne fut pas si courte que cela (presque une heure vingt, autant dire un concert fleuve pour un groupe pop anglais par exemp!e !) mais elle fut effectivement d’une qualité et d’une variété telles que personne ne la vit passer… tout en s’en étant délecté à chaque instant !

Très à son aise, le chanteur et guitariste n’a pas craint de débuter son concert par Temperamental, le tube funky-bluesy-cachty (nous aurions pu dire “soul sudiste circa 1972”, c’est égal) pour un monde parfait qui ouvre son album du même nom. Tout le set fut consacré d’une exploration méticuleuse de ce recueil sorti en début d’année ; une bonne idée : il n’y a rien à jeter dans cette galette. 


Un guitariste au jeu particulièrement groovy

Au centre une japonaise (son nom, hélas, nous a échappé) frappe sa batterie minimaliste avec une régularité et un enthousiasme à donner des complexes à une boite à rythmes de constitution normale. Côté court, un menhir en plus sympa et barbichu : Vincent Talpaert, producteur de l’album susmentionné et binôme évident de Don Cavalli dont la basse, tantôt vrombissante, tantôt miaulante, est une des attractions du soir.

L’autre se trouve donc côté jardin : Don Cavalli. Tout de jean’s classieux, cheveux gris gominés, mâchoires carrées, pompes luisantes, guitare singulière… il a de l’allure. Mais sa voix en a plus encore : moelleuse comme le sol du bayou,  profonde comme les pièges qu’il recèle, évocatrice comme la brume qui le baigne, oui, on tient là un gosier de premier choix catégorie soulman du sud louisianais. Et la guitare, dame !

Les Internationales de la guitare ne se sont pas trompées en l’invitant : à l’onglet ou au pouce, Don Cavalli tricote des cocottes funky et rusty, sautillantes et croustillantes donc, que n’auraient pas détestées Earl Hooker quand il faisait la pige pour son cousin John Lee Hooker. De même ses solos claquent-ils avec la salacité qu’il convient dans ce type de blues vicelard, un peu boogie, un peu country, un peu party.

Il s’en est d’ailleurs fallu de peu que le concert vire bamboche (et le Jam bouge clandé). Une poignée de danseurs avaient pris d’assaut le pied de la scène et semblaient prendre aussi le leur à ainsi gigoter du bassin quand sonna l’heure de la fin.

“Trop super et trop… court”. Don Cavalli peut revenir quand il veut, la piste de danse du juke-joint de la rue Ferdindand-de-Lesseps lui est acquise !

Allez, un p’tit bonus :

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