Rodrigo Amarante, l’émotion douce des Internationales de la guitare

L’air de rien. Parfois avoir l’air de rien peut se retourner contre soi. Il s’en était ainsi fallu de peu pour que le premier album solo du chanteur brésilien Rodrigo Amarante paru en février dernier (sur le prestigieux label Rough Trade, tout de même !) passe inaperçu en dépit d’un buzz un tantinet factice  (pléonasme) qui avait accompagné son lancement. Une pochette anodine, une écoute un peu négligée et la référence systématique à son ancien groupe Los Hermanos, culte au Brésil mais inconnu ici, n’aidèrent pas… Pas plus que, paradoxalement, des critiques en pleine crise mystique, le bombardant nouvelle star et héritier de Caetano Veloso…

N’empêche, l’air de rien, le Brésilien polyglotte de 38 ans a retourné le public du festival nîmois This Is Not A Love Song fin mai dernier ! Sur scène sa saudade brasiliera qui balance avec élégance entre folk languide et bossa séraphique vous attrape et ne vous lâche pas jusqu’à ce qu’un quelque chose vous pince doucement et simultanément le palpitant et le crâne. Oui, c’est bien cela : une émotion doucement forte ! Voix de velours à rendre vert de jalousie Leonard Cohen (réécouter les premiers albums du Canadien, pour comprendre à, charisme radieux et paradoxal (même barbe, même front haut, même stature indé… damned, ne serait-ce point une version souriante de Bonny Prince Billy ?), interprétation chaleureuse et élégante…  Depuis, l’air de rien toujours, son album Cavalo, finalement retrouvé, accompagne nos heures perdues les plus agréables…

Mais trêve de discours, un exemple, enregistré live en juin dernier dans les studios d’une radio de Seattle :


Mercredi 1er octobre, 20 h 30. Jam, 100 rue Ferdinand-de-Lesseps, Montpellier. 16 €, réduit 13 €. 04 67 66 36 55.
 

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