Une guitare unique au pied du sapin

Dans son minuscule atelier, au fond d’un grand hangar, aux confins de Châtellerault, Didier Lacroix cache des petites merveilles. Châtelleraudais d’origine, il est revenu au bercail il y a quatre ans après vingt ans passés entre la Sarthe et le midi. De retour dans le pays qui l’a vu se former au métier de luthier, il a décidé de prendre le temps pour faire ce qu’il aime: réparer des instruments à vent anciens. Des bois ou des cuivres qu’il bichonne à la demande.

Mais, quand les commandes sont plus rares, Didier Lacroix aime aussi fabriquer ses propres instruments. « Pour bien réparer, il faut aussi savoir construire » explique-t-il.

Une copie
de Télécaster
de 1957

Et le luthier châtelleraudais au physique à la Bertignac prend son temps pour réaliser des petits chefs d’oeuvre dans les meilleurs bois. Cette année, il en aura réalisé deux, et pas une de plus. La première, une électrique, est une Télécaster de 1957, avec un corps en wengé de Tanzanie et un manche en érable ondé. Deux-cents heures de travail ont été nécessaires.
La seconde est une classique, copie de Friederich, un grand luthier français: rosace en abalone, caisse en palissandre indien, table en red cedar, manche en cedro… Celle-là a réclamé près de 400 heures de travail. « Il y a plus de boulot, notamment de cintrage, et d’assemblage de pièces. »
Pas la peine de demander le prix: elles n’en ont pas et, si elles en avaient, il ferait assurément peur. « C’est toujours à perte que j’en fabrique, estime-t-il. Mais c’est nécessaire: c’est parce que j’en fabrique qu’on me demande ensuite d’en réparer. » C’est avec ses réalisations qu’on l’a vu fin novembre au salon des métiers d’art de Châtellerault.
Pour se séparer de ses guitares, Didier Lacroix a besoin d’évaluer son interlocuteur. « On discute d’abord, on voit l’instrument, il y a beaucoup de moi là-dedans, c’est mon enfant. J’aime bien qu’il y ait une relation qui s’établisse avec la personne. » On peut aussi venir avec sa propre demande, surtout si elle est motivante. « Tout dépend de la faisabilité. Je n’ai jamais fait de demi-caisse, ça m’intéresserait. Ou une belle folk, une Dreadnought, j’aimerais bien en faire. Ou une douze cordes. »
Si cela correspond à votre envie, tentez votre chance. Mais seulement pour Noël 2015. Là, ça risque d’être juste.

Atelier du chat noir, Didier Lacroix, la Haute-Brelandière, Châtellerault. Tél. 06.63.12.32.61.

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